Archives de octobre, 2014

Dans un potager
Libre de jardinier mais pas de servage
Enflait une querelle pour savoir
Qui serait de l’Ubac, qui de l’Adret
Sous cette chape de plomb prise au ciel
Nous laissant en tombeau

La chlorophylle venant à manquer
Et le jaune devenu pâle
Comme une endive au caveau,
Un pacte fut régler pour l’acquis d’une ampoule
Sans oublier les seaux d’eau.

Les légumineuses figures,
Tour à tour bien éclairées
Entre alternances ombrageuses,
S’adonnèrent au néon en hémicycle rangées
Sans plus besoin d’écriteau.

Un coq, des champs sombres alentour,
Dépressif et migraineux, moribond,
Vit là à son cou, le coup fatal assené
Qui, de tout au jour ou tout à la nuit
Ne pouvait être le pipeau.

Décidé à se pendre pour échapper au supplice
Et cherchant une corde en paille complice
Du coq tomba sur un fil réputé électrique
Menant au potager en version luminique
Au plus haut d’un escabeau
A la source.

Vas-y, coq !
Oui va au perchoir, aux manettes du pouvoir
Ô sésame
Inscris ton credo, tes couplets et partitions
Au programme
Chante coq, chante et sonne le jour
Qui à tous donne l’heur
D’engranger

Fable d’horreur pour compères déplaisants

ou comment savoir ce que l’on ne peut connaître ?

Notre conscience, d’un formalisme à quatre dimension, ne nous permet pas en tant que telle, de surfer sur d’ autres univers. Tout au plus pouvons-nous, à partir de jeux sur nos dimensions élémentaires (3 espaces + 1 temps), extrapoler quelques sensations dubitatives à projeter sur un possible mais fumeux, concept mathématique !

Notre univers bulle, voire multivers bullaire et parallèle, fait partie de ces représentations incontournables et réductrices qui finalement empêchent l’émergence du sens plus qu’elles ne le développent. Le côté pratique de la bulle c’est qu’elle isole artificiellement un intérieur que la science peut appréhender dans ce qu’elle appellera « sa rationalité  » mais que l’on pourrait autrement nommer « sa grossièreté » car passée l’exposition enthousiaste de la première, la somme des inexpliqués nous rabat inévitablement dans cette dernière, du moins pour celui qui tient encore à conserver son esprit critique et exigeant.

Ainsi donc la bulle aurait émergée d’un point d’énergie infinie dont l’explosion inexpliquée mais patente aurait subséquemment créé un espace tridimensionnel en expansion permanente et parcouru par un temps irréversible permettant dès lors des processus de matérialisation de l’énergie, initiale au sens physique et primordiale pour l’expérience  métaphysique. La bulle aurait pu également déborder d’incohérence si on n’en avait au préalable mathématiquement chiffonné les bords tel que celui qui croit en sortir ne fait qu’y rentrer par le bord opposé. C’est bien pratique pour s’éviter la question d’un quoi au delà de ce bord infini qui s’éloigne sans cesse !

Mon idée est que notre univers n’est pas une bulle qui s’autogonfle à l’intérieur et exclue d’un néant -qui n’existe pas. Il est un phénomène qui se déploie et se réalise à l’intérieur et inclus au tout-des-possibles initial. En tant qu’élément, il possède des propriétés qui le définissent et celles liées à sa relation au tout, propriétés qui ne font pas partie de sa définition et dont les qualités donc, lui sont inaccessibles sauf à se transcender ! [dans l’ensemble des nombres entiers naturels, 3 ne peut s’écrire 2.9… bien que ces deux nombres soient identiques mais l’un étant en qualités restreintes par rapport à l’autre].

La physique quantique amène notre pensée vers ces limites conceptuelles. Ainsi à propos de l’intrication quantique. Deux particules émises simultanément par une source unique et orientées sur des trajectoires divergentes restent liées dans leurs propriétés de telle sorte que toute action sur l’une agit de la même manière sur l’autre et cela simultanément, bien au delà des limites d’une éventuelle transmission de l’information à la vitesse de la lumière. Ce phénomène est dit non-local puisqu’il ne semble pas dépendre des dimensions spatiales.

L’esprit se rassure et confine cet enseignement : c’est la physique quantique, c’est à part… à part de quoi ? C’est là dans notre univers, dans mon corps, dans l’espace autour de moi : des particules, mes particules,  communiquent entre elles en dehors des lois de l’espace-temps. C’est encore mieux que le vortex de « La porte des étoiles », c’est un lien instantané, tout est en lien depuis le big bang : en ce sens l’univers est un point ! (pour reprendre une idée de Nassim Haramein). Notre espace-temps infini a les  propriétés d’un point. Il se déploie dans un point [comme un plan se déploie dans un volume ; si je sors du plan et y retourne en un autre point, aucune trajectoire ne sera enregistrée sur le plan : aïe la représentation incontournable et réductrice !]. Dans chaque zeptocube de notre espace (zepto = 10¯²¹) on a « pu calculer » une énergie du vide infinie…  mais il ne faut pas ajouter ces infinis car en fait toutes ces mesures sont la manifestation unique de la réalité d’un point (au sens de sa non-localité) pour le coup universel qui nous englobe.

L’évolution vers notre humanité s’est faite par un saut qualitatif de conscience qui nous permet d’interroger le monde mais le savoir quantitatif qui s’accumule en parallèle peut être à la fois le socle pour un saut nouveau ou bien le tumulte qui assourdit l’intuition (que certains anciens isolément et libres de tout fondement autre que leur émancipation personnelle, ont pu avoir).

La grande aventure collective du développement de notre conscience a-t-elle seulement commencée ?

Monsieur l’ Endive gardait le souvenir
D’ une enfance heureuse,
Béchamel et compagnie,
Roulé dans son jambon, noix de muscade

Mais quand l’âge fort fut venu,
Solitude et amertume
En cocotte à vapeur
L’installèrent dans son aigritude

Mal aimé des gratins
Il invita à sa table un plus fort que lui
En bonne place sise à sa droite,
Au calcul d’en regagner un peu de douceur

Ainsi vint le Radis, Monsieur droit comme un i
Chef de botte aux fanes flétries
Cul rouge et blanc bonnet
Bouche chaude et beurre salé

Mais pour quel esclave affamé
Sous le joug d’un estomac torturé
Telle mixture serait bonne à avaler
Même cuite aux fleurs piquées ?

Adieu compagnons, troubadours et marmitons,
Belles dames
Sur quel menu pourrions-nous danser maintenant ?

Ils sont myrmidons, souffle-court et masque-rond
C’est le drame
Mais d’un coq entier nul ne fera son chapon !

Fable d’horreur pour compères déplaisants

Un Bœuf magnifique pour un peu,
Concourait avec une Endive
Blanche et amère à souhait,
A qui du jour et pour le meilleur
Serait l’élu.
– Je suis fort !
– J’suis marrant !
– J’ai d’ l’allure…
– Je sais plaire…
Clamaient-ils à hue et à dia mais de concert
Par delà l’enclos de leurs fertiles labours.
– Par mon col, lourd, je tire le soc, dur
– Vous êtes la chair qui m’est chère et le cœur qui me lie
– Qu’on m’éventre la terre, j’en extrais les richesses
– Qu’on me sucre ou me sale, j’en connais les promesses
La rime soudaine,
Soudain les contint…
Aaah ! Silence.

Le coq qui était là, au pied d’un poteau,
Caquetant comme une poule au couteau
Pas plus que le couac ne perçut l’unisson
Et s’en fut, toujours grattant, cahin-caha
Sur le sol endetté de son aire de jeun.

Ohé pauvre coq, laborieux et déprimant
Sèch’ tes larmes !
Sais-tu le huis-clos où se jouent
Tes alarmes ?
Lève la crête, coup de bec et coup d’ergot
Joue tes armes
Tempête et Trompête , rameute la cour
Annonce le jour où le voile obscur
Enfin, d’est en ouest, est levé.

Fable d’horreur pour compères déplaisants

ou à qui profite l’abîme ?

Dans l’affaire Bygmalion nous avons un coupable désigné innocent par présomption mais dont la ligne de défense révèle un crime bien plus grave encore relativement à ses anciennes fonctions : celui d’incompétence. L’incompétence d’un chef de file sensé inspirer à ses collaborateurs le respect intransigeant des lois. Combien de choses ainsi n’a-t-il pas sues tout au long de son quinquennat ? Aurait-il été le benêt dont tout le monde profite, le Louis XVI du XXIème siècle… non celui-là exerce toujours. Je le vois plutôt comme un Bush junior à la française, exigeant le sacrifice de tout et tous à la réalisation de ses lubies dont le tapage cache l’inconvenance mais conduit tout à fait concrètement à la faillite.

Quoiqu’on ne peut guère lui reprocher d’être ce qu’il est : le roquet de Balladur ne pouvait être un animal silencieux. Ainsi on l’a toujours connu.

Comme on connaissait bien également Lou Ravi, ex- premier secrétaire du parti socialiste, ex- parti politique d’ idéaux partagés, laissé à la dérive des courants, sans leader, sans projet… et c’est celui-là même que l’on a, à première vue choisi, pour diriger notre pays ! directement dans la tornade du grand capital !!

Il y a là quand même sujet à une grande déception. Le surcroît d’informations abreuvant notre société hyper médiatisée ne nourrit pas notre discernement. Entre la langue de bœuf et l’endive, le festin démocratique se transforme en bouillie pour volailles. Mais alors pour qui sont ces jambons pendus au plafond, assortis aux carafes de châteaux récoltés ? Avons-nous du goût si peu l’audace que l’on picote du pain dur ? Joli coq lève la tête et rameute la basse cour !