ou du syndrome de Stockholm à l’échelle de masse

Il y a dans le principe de la lutte des classes quelque chose de simple et de cohérent qui me convient : les riches veulent rester riches et les pauvres veulent rester pauvres. L’égalité de droit. En ce sens nos démocraties modernes, issues d’une large représentativité, font tout aussi bien que les vieilles monarchies fleuries ou que les neo-dictatures bétonnées.

Mais cette heureuse simplicité ne doit pas nous faire oublier les multiples dissidences heureusement éparses qui tentent de corrompre le système.

Citons par exemple les riches humanistes chrétiens qui prônent le partage ; mode d’action privilégié : la prière. (NDA : les pauvres humanistes chrétiens ne sont pas à classer dans les dissidents sauf pour la branche intégriste qui souhaiterait spolier les riches. Mode d’action unique : le vœu pieux (à ne pas confondre avec le vieux pieu barbare)).

Il existe également quelques farfelus (chevelus ou rasés selon la secte) adeptes du pétage de système. Ils s’ essaient à la révolution intérieure et leur mode d’action universel est le cri : Ômmm…!

Mais les plus nombreux sont les agnostiques ovins. Ils râlent, pestent et grognent. Pauvres par nature et riches d’envies, ils espèrent une meilleure distribution des richesses. Mode d’action : aucun, aucun connu à ce jour.

La tête sur le billot, la victime ne peut qu’apprécier la force du bourreau.

ou comment envoyer du jus dans les gorges chaudes de la psychanalyse à deux sous

Il y eut un objet de désir qui, je l’avoue, sut susciter mon émoi quand je l’ouïs susurrer ces quelques mots : « My private life is my private life ».

Certes, elle eut été plus précieuse et ridicule, la phrase, dans la langue de Molière que dans le pays de Mickey Mouse where life is a show !

Toujours est-il que l’homme n’a qu’une boite dans laquelle il doit tout ranger.

Très tôt l’homme femelle comprend qu’un jus hormonal baigne ce tout : tout est un ensemble.

L’homme mâle quant à lui, se croit étanche. Par exemple, il pense pouvoir faire campagne à gauche tout en sachant qu’il allait trahir sa compagne à l’occasion ; il peut freiner sur les dépenses sociales le jour et chevaucher un scooter la nuit sans menace pour sa sincérité ; et quand, enfin par un effet de fermentation, le tout devient un ensemble, il se réveille à droite du lit, comme papa, les doigts de pieds en éventail et se sent bien !

Encore un petit désir : Oui, que tous soient contents pour lui !

Les arcanes du pouvoir se trament dans les ébats d’ alcôves.

ou son contraire…

Ils se félicitent, se congratulent, se pressent et s’empressent l’un , l’autre ; ils s’enflamment d’humanisme et s’ auto-flagellent encore et encore de promesses radieuses. Ils partagent le même humour taquin et joyeux et s’inquiètent aussi, si, du sort des opprimés…

L’un est natif au pays du siècle des lumières hollywoodiennes. Il porte le noir comme un drapeau porte un symbole et s’exclame comme un prophète.

Lui porte la plume au pays des droits de l’homme tel Napoléon tirant à boulets rouges sur la perfide Albion enclose dans la plus grande rade d’Europe.

Mais le petit pois coloré qui fit pencher la chance s’en est retourné vivre sa dépression programmée, sa mal-bouffe, laissant le bureau ovale telle une coquille vide.

Mais le sphinx et l’aigle impérial n’ accouchèrent que d’un ordinaire pigeon et de son lot  de fientes et roucoulades épandues sur les ouailles citadines.

Les pages blanches de Stockholm ne seront pas écrites ; les zéros ne changeront pas de lignes de comptes ; rien n’ a bougé, rien.

Mais finalement pas de quoi être déçu, retournons-nous vers cette vérité première :

« L’idéal n’est pas le masque d’un seul, c’est l’attribut de tous « .